Futile

J’ai séché.

Les mots se sont retranchés, comme souvent, comme le Soleil devant la majesté du nuage de mon enfance.

Troublant comment les mots nous peuplent mais nous fuient, comment ils sont nôtres tout en étant autres, amants étrangers d’une nuit.

Maîtres et serviteurs qu’on ne saurait déranger.

Lire la suite

Les Rails

L’horizon éloigné le reste. Pas plus tard qu’hier j’ai arpenté les chemins troubles des jours à venir et suis rentré bredouille. Encore et toujours. Les mains vides, pleines de rides que je lis en diagonale. Banal, comme l’idée que la vie serait un voyage. Banale car vraie, vraie car qu’est-ce qu’elle pourrait bien être d’autre : on sait tous d’où on vient et où on va. La seule question est de savoir par quel chemin. Ce dernier, lui, est aussi important aujourd’hui qu’il sera insignifiant demain, à l’heure des comptes.

Lire la suite

Juste-avant

Il y a un moment rare, un moment furtif, extrêmement précieux, périculeusement fugitif. Qui disparait à peine remarqué : c’est le moment juste-avant.

C’est le moment fugace, non pas avant d’ouvrir un livre, mais celui après la couverture, après les pages de garde, celui entre la page du titre et l’incipit. Nous sommes déjà dans le livre, déjà embarqués, néanmoins celui-ci n’a pas encore réellement commencé. Nous sommes encore sur le seuil d’étendues nouvelles et de promesses réitérées. Porte vitrée sur le monde de l’écrivain qui offre son intériorité au revers de la page : c’est l’heure d’une dernière pudeur.

Lire la suite

Sonde

Sonde le vent

Dans l’espoir qu’il te rende

Les jours de sable

Au goût d’érable

 

Sonde les ondes

Dans l’espoir qu’elles entendent

Ta voix qui s’écaille

Sur le choix de tes failles

 

Sonde les nuages

Dans l’espoir qu’ils attendent

Que tu sortes du puits

Avant leur plus forte pluie

Nice

Visions de la honte

Lorsque s’affrontent

Ces monstres éternels

Et qu’aucun ne perd

Car ils ne sont qu’un

Le triste soir revient

En ce décor qui m’écœure

Tant qu’à faire mettez-leur

Un croissant sur le voile

Et cachez ces valeurs

Que je ne saurai voir

Recrachez ces honneurs

En lesquels je ne saurai croire

Lorsque elles deviennent terrain de bataille

D’un duel vulgaire qui révèle les failles

De toutes ces minutes de silence

Chut, sentez cette douce pestilence

Liberté je crierai ton nom pendant des heures

Ta fierté devrait être de protéger la leur

La nôtre, car c’est la même

A d’autres tes tristes anathèmes

Range tes belles paroles

Et écoute plutôt la plainte des tiens dans le noir

Car il faut croire

Que toutes tes Lumières se sont éteintes.